Le voyage de Chiho...
Chiho Aoshima
The giant and the Courtesans
Galerie Perrotin du 8 septembre au 11 octobre 2007
Le voyage de Chiho,
La jeune artiste japonaise Chiho Aoshima était en résidence à la galerie Perrotin.
Pour ceux qui auraient ratés cette expo, elle y présentait des dessins à l’aquarelle sur papier traditionnel japonais washi, (papier fabriqué au japon depuis 1300 ans, connu pour sa légèreté, et sa solidité, utilisé traditionnellement pour rédiger des cartes, invitations, etc.), des illustrations réalisées par ordinateurs, imprimées sur papier photographique grand format et monté sur plexi-glass. En plus de ses réalisations en 2D elle a aussi présentée des poupées à taille humaine vêtues de Kimono.
Chiho fait partie de la jeune génération qui a grandit en regardant les mangas dont les thèmes abordés sont souvent la confrontation entre le bien et le mal, elle perpétue les traditions ancestrales de l’estampes japonaise en y apportant une touche de modernité.
Ce qui est intéressant à la galerie Perrotin, c’est qu’en fonction des artistes en résidence les murs sont réajustés. Dans la première pièce, trois grands formats sur plexi-glass forment un triptyque, il s’agit d’une déclinaison de la même illustration avec des couleurs différentes sur chacun d’eux, des femmes nues sont ligoté aux branches d’un arbre à la manière traditionnelle du bondage (pratique érotique qui consiste à immobiliser le corps ou partie du corps de la/du partenaire le plus souvent à l’aide de cordes, elle puise ses origines historique et artistique dans la tradition japonaise et sa pratique s’est répandue dans le monde occidentale).

Dans les pièces annexes il y a ces poupées habillées d’un kimono et quelques dessins réalisés au pinceau, qui reprennent le format de l’estampe japonaise.
Mais le plus attrayant est une pièce secrète ouverte par deux issues, dont une est de petite taille (environ 70cm de hauteur), à l’intérieur, une grande fresque réalisée par ordinateur, imprimée sur des bandes verticales recouvre les quatre murs.
Chiho Aoshima revisite le thème du péché originel, s’inspire aussi des voyages de Gulliver sur l’île de Lilliput de Jonathan swift, comme l’a déjà fait son compatriote Hayao Miyazaki dans le film d’animation « Le château dans le ciel » en reprenant l’île volante de Laputa.

Elle y décrit un monde apocalyptique, dont l’homme en l’occurrence la femme, puisqu’il n’y a que des personnages féminins prennent une place conséquente dans la nature s’en trouvant dès l’hors modifiée, perturbée.
Je comprends qu’elle cherche à nous dire que l’exploitation parfois innocente mais souvent excessive de la nature par l’homme a des revers, et que la finalité est la disparition de l’humanité.
Des images hautes en couleurs et non dénuées de sens, un bon moment à passer, à pérégriner dans un monde imaginaire si proche de la réalité.
Pour en voir plus de Chiho Aoshima
http://www.blumandpoe.com/chihoaoshima/index.htm
"C tellement mieux en vrai"
JMichel.R